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<title>L'électron libre - les_paroles_du_vieux_monsieur</title>
<description>De tout et de rien</description>
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<title>Les paroles du vieux monsieur(3)</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (rony)</author>
<category>Les paroles du vieux monsieur</category>
<pubDate>Wed, 16 Jan 2008 18:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Calibri&quot;&gt;Un jour de soleil. C'était un dimanche. Les rues étaient resplendissantes de clarté et sentaient bon le tilleul. Il y en avait plantés dans tous les trottoirs en terre de la cité. Les maisons alignées de chaque côté des artères étaient largement ouvertes. Le vieux Monsieur était assis devant chez lui, sur un banc vert. Au dessus de lui, la fenêtre de la salle à manger était fermée. Comme à mon habitude, je lui rendais visite lors de mon passage dans la commune. Je ne pouvais pas ne pas le voir lorsque je revenais un peu chez les miens. A vrai dire, il en faisait parti, à sa façon. Je ne manquai pas de m’étonner en apercevant la fenêtre close. Il me répondit tristement&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;Il y a des jours, il n’y a pas de bonheur là dedans&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Il avait alors environ cinquante cinq ans, donc moi vingt cinq. J’étais marié à l’époque. Comme je restais coi devant lui, après sa réponse, il haussa les épaules et expliqua&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On passe du temps à chercher le bonheur. Ça ne marche jamais. Alors on rectifie. On annule tout. On se met à vouloir donner, on aime. Mais là, même si c’est mieux, on ne connaît jamais le résultat. On marche en aveugle.&amp;nbsp;» Il m’offrit une bière.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les paroles du vieux monsieur(2)</title>
<link>http://l-electronlibre.hautetfort.com/archive/2007/11/19/les-paroles-du-vieux-monsieur-2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (rony)</author>
<category>Les paroles du vieux monsieur</category>
<pubDate>Mon, 19 Nov 2007 11:45:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Calibri&quot;&gt;J’avais quinze ans. Donc lui en avait quarante cinq. Il habitait toujours au même endroit. Ma cousine aussi. J’avais à l’époque connu une demoiselle, du même âge que nous, c’et ma cousine qui me l’avait présentée. Nous nous entendions à merveille, courions ensemble dans les champs, jouions près de la sapinière, pendant l’été. Mais nos préoccupations changeaient… et nos sentiments aussi…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Calibri&quot;&gt;Puis, un jour, ma cousine m’annonça, gênée, que C… ne viendrait plus quand je serais là&amp;nbsp;! Je lui demandai pourquoi et elle ne sut (put&amp;nbsp;?) pas me répondre. J’étais à la fois offusqué et déçu. Je quittai ma cousine sur un mouvement de colère puis m’attardai dans la rue, préoccupé et triste. Il était assis sur son banc. «&amp;nbsp;Tu ne t‘amuses pas, aujourd’hui&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». Mais, s’apercevant de mon air maussade&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Viens voir là toi&amp;nbsp;! Ça ne va pas, hein&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». Je ne me fis pas prier et j’entrai dans sa cour et lui fit part de ma déception. Il se ménagea un temps de silence puis il me dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;C’est peut-être parce que ses parents l’ont mise en garde… vous êtes jeunes. Ils se font des idées&amp;nbsp;». Mais je restais renfrogné et silencieux. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;«&amp;nbsp;Je vois, assura-t-il. Tu sais, ce genre de sentiment, c’est tout beau au début. Elle était comme toi, contente et gaie. Puis viennent les questions, même pour des jeunes, c’est inévitable. Elle ne s’est pas reconnue dans ce genre de sentiment, alors elle a décidé de tout arrêter maintenant&amp;nbsp;». J’opinai, mais je n’y comprenais pas grand-chose&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;Elle aurait pu me le dire, non&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Il fut surpris par mon ton agressif. «&amp;nbsp;Calme toi, parfois elles ne trouvent pas les mots pour ces choses là… peut-être que toi non plus d’ailleurs. Allez, viens, je t’offre l’apéro&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Il rit en voyant mon visage ébahi&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;… je ne bois pas d’alcool…&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Viens&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» C’est ce jour que j’ai bu mon premier apéritif, un guignolet kirsch que je trouvai savoureux. Je ne sais pas s’il y avait une leçon dans tout ça. S’il y en avait une je me demande laquelle et je ne&amp;nbsp;pense pas que je la comprendrais, même aujourd’hui.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les paroles du vieux monsieur</title>
<link>http://l-electronlibre.hautetfort.com/archive/2007/09/24/les-paroles-du-vieux-monsieur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (rony)</author>
<category>Les paroles du vieux monsieur</category>
<pubDate>Mon, 24 Sep 2007 09:20:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Calibri&quot;&gt;Il avait trente cinq ans je crois, quand je l’ai connu. Et moi cinq. C’était donc déjà un vieux monsieur, à mes yeux d’enfant. Pourquoi je l’ai aimé tout de suite&amp;nbsp;? J’allais voir ma cousine chez elle, dans sa rue. Nous avions le même âge et nous nous considérions comme frère et sœur. Elle est partie il y a quelques années, à la suite d’un banal accident de bicyclette. Elle me manque toujours. C’est elle qui m’a mené à lui. Il habitait en face de sa maison. Un jour, pour l’amuser – et j’étais présent – il avait tendu une ficelle au travers de sa cour. Il y avait fixé un lustre en tôle blanche et accrochée une ampoule. Cela faisait rire ma cousine «&amp;nbsp;Ça va pas marcher, criait-elle, ça va pas s’allumer, il n’y a pas d’électricité dans ton fil&amp;nbsp;», et il riait avec elle. «&amp;nbsp;Non, elle ne s’allumera pas, mais elle est là, tu peux la regarder au moins, et puis nous sommes en plein jour&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» expliqua-t-il goguenard. L’ampoule tomba et se fracassa en mille morceaux sur une pierre. Les petits éclats avaient des reflets moirés sous l’effet du soleil. «&amp;nbsp;Aïe, dit-il, elle est cassée. Tu as vu les belles couleurs. C’est beau mais dangereux. Ça peut couper&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Il balaya posément les restes de l’ampoule et les jeta à la poubelle. Puis il s’en fut chercher une nouvelle ampoule et l’installa à la place de l’ancienne, tout aussi inutile. Il en fit un jeu pour nous, pendant une bonne heure. «&amp;nbsp;Tu vois, ça ne sert à rien, mais c’est là&amp;nbsp;! Et quand il n’y en a plus, il y en a encore&amp;nbsp;» J’ai mis des années à comprendre tout cela. Car je l’ai revu souvent et aussi souvent nous avons parlé. Je viendrai de temps en temps raconter les paroles du vieux monsieur. Mais ce sera dans le désordre, comme les souvenirs remonteront.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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