14 octobre 2009
Petit matin et culture....
Après une courte nuit pourtant méritée, mais débutée avec des « boum boum » sonores et lancinants d’une fête voisine sans nul doute bien arrosée, l’éveil peut être difficile. A six heures du matin, sur France Culture, pour permettre aux idées de prendre lentement leur (bonne) place, j’écoute « l’éloge su savoir » avec des fortunes diverses, il est vrai. Ce matin fut plus que décevant, au point même d’en être réduit à éteindre la radio et de tenter (vainement) de refermer l’œil. Non que le sujet ne fût pas intéressant ou manquât d’originalité, mais sa présentation paraissait sans tonalité ni rigueur et l’expression faisait penser à des ânonnements sans fin. Une dame, Anne Cheng, s’efforce, pour la semaine, de présenter Confucius dans le texte, à savoir « les textes anciens et les nouveaux discours », comme l’explique le programme de la station. Soit. Intéressant comme gymnastique d’éveil, non ? Cette dame, donc, est titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France, et l’émission matinale est une retransmission de ses exposés. Mais, pour moi, il y a un mais. Je ne sais pas comment son public en salle reçoit son savoir et son message, sans doute très denses et documentés, mais à la simple écoute, cela me paraissait intenable, à cause de sa façon de s’exprimer. Une élocution saccadée, parsemée de nombreux “euh… donc… euh donc… donc euh… voilà… c'est-à-dire que donc voilà…” à un rythme tel que j’en perdais le sens de la phrase ! J’ai cru comprendre qu’il s’agissait ce matin, de comparer des auteurs chinois américains défenseurs d’un confucianisme pur et des auteurs chinois chinois en recherche de synthèse du confucianisme et du maoïsme… Sans doute, peut-être aussi, mes liaisons neuronales rencontraient-elles quelques difficultés à se brancher correctement dès le réveil… toujours est-il que je me suis privé de cette comparaison matutinale ! A cette occasion, je me souviens d’un exposé de Claude Allègre sur la comparaison entre la formation supérieure en France et aux USA, un matin d’Août, et que j’ai fui pour les mêmes raisons que cette brave sinologue. L’expression de ce monsieur était incompréhensible, pour ne pas dire irrespectueuse pour qui lui prêtait attention, phrases non construites, répétitions et retours en arrière, eux aussi ponctués de “euh” et de “donc”. Pourtant, j’ai assisté à d’autres interventions plus claires et tout aussi enrichissantes elles aussi, mais que le « langage » de l’intervenant suffisait à rendre séduisantes à l’écoute. Question : ce n’est donc pas forcément l’heure d’émission qui est en cause, rassurez-moi ? Autre question, suis-je trop exigeant ?
19:33 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
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18 mai 2009
Un temps qui passe...
Il y a quelques dizaines d’années, comme tout le monde, je suis venu pour voir, pour regarder. Pour voir passer le temps. Mais je n’ai rien vu. Soit que le temps est passé trop vite, soit j’étais occupé ailleurs. Je ne sais pas. Comme tout le monde, j’ai constaté qu’entre deux floraisons, la plupart du temps, il ne se passe que quatre saisons (ou trois, c’est selon). Bien sûr que c’est court. Et ça fabrique pourtant des ridules autour des yeux et des paquets de souvenirs. Comment est-il possible de vivre et emmagasiner autant de choses sans s’apercevoir, ou alors un peu tard, que le temps est passé ? Un miroir ne suffit pas pour révéler les traces du passage d’hier à aujourd’hui. Pas de demain en vue, puisque demain, quand on y parvient, c’est encore aujourd’hui. On ne cesse de courir après, courir après rien, c’est vieillot. Il faudrait évoluer un peu. Mais pour évoluer il faut vieillir. Souvent, pour certains, l’évolution n’est que du ravalement de façade. C’est bizarre cette façon qu’ils ont de vieillir en se rajeunissant l’apparence. C’est de la marche arrière, en fait. Qui ne change rien à rien, d’ailleurs, puisque les apparemment jeunes et les apparemment vieux nés la même année ont forcément le même âge. C’est fou comme certains ont besoin de mettre un peu de plomb dans leur tête. Mais c’est difficile, car ils branlent un peu du chef, malgré leur peau tirée. Tirée mais vieille peau quand même. Bon, puisque je n’ai rien vu à ce jour encore, je retourne à mon poste d’observation, pour voir, pour regarder.
07:58 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
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14 janvier 2009
Silence nocturne
Profitons de la nuit, puisque le sommeil n ‘est plus là. Dehors cette couleur orangée sous un ciel encore trop noir, trop nuit, pour laisser seulement imaginer une étoile. Mais il n’y aura pas d’étoile, le macadam est tellement humide qu’il trahit un ciel de nuages bas… Profitons donc de ce silence qui peut-être nous a réveillé, juste au bord d’un rêve qu’on n’aurait pas voulu faire. Peut-être…, ou qu’on a déjà oublié. Ouvrons le livre, à la page abandonnée avant l’endormissement. La vie recommence, où tu entres comme un intrus, parce qu’elle n’est pas la tienne, mais celle du livre. L’autre vie recommence. Celle écrite, lue, étalée sous tes yeux et que tu vas te mettre à vivre parce que la tienne est encore éteinte, à cette heure, sous le boisseau. Peut-être juste une petite braise va frémir, tout à l’heure, et s’enflammer pour tout un jour. Peut-être…, et devenir réelle. Subtil passage et mystérieuse identification. Tu te faufiles dans la page et les mots t’enroulent, te tourneboulent au point que tu te crois toi alors que tu n’es encore, pour le moment, que l’autre. Sortilège du livre, qui disparait quand tu le refermes. Debout dans ce silence ambiant et toujours nocturne. Incongru d’inutilité à cette heure que tu traverses sans la voir et sans savoir pourquoi. Cheminement vers le jour, vers l’ailleurs, vers demain ? Interrogation en boucle. Tais-toi. Respire ce qui n’est pas toi, mais qui devient toi et te possède. Ce silence, qui va s’éloigner. Bientôt.
04:44 Publié dans Au fil des jours, Les Mots et Les Chants | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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14 juin 2008
Le temps des cerises
Non, non, pas de nostalgie, non ! Du cœur, du souvenir, historique et personnel. Une sorte de pureté qui reste cachée là, quelque part au fond de l’âme. Cela fait tellement de bien Un bon conseil se cache dans les paroles…, pardonnez moi mesdames…
12:14 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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07 mars 2008
Bientôt le Printemps ?
La vidéo d'Hugues Auffray a été retirée, désolé....
Ah jeunesse, où es-tu ? Ci-dessus, un scopitone d’Hugues Aufray, l’image et le son ne sont pas de la qualité d’aujourd’hui, mais c’était nos mp3 ou autre trucmuche à nous. Ce qui prouve bien à chaque génération qui naît que le monde n’est pas né avec elle mais bien avant elle ! Mais ce qui n’empêche pas qu’elle a raison de profiter des progrès qu’on lui a préparé, bien sûr. Les choses étant remises en place, venons-en au Printemps. Il tarde à venir, autour de ma grotte, mais on le pressent, ne serait-ce que par le chant matinal des oiseaux… oui parce que la flore n’est pas bien pressée.
Il y a un an, on me disait “arrivée du printemps… signe de renaissance…”, textuellement. Oui, bien sûr ! Et même tout le monde le dit, au point que cela paraît une évidence. Et les apparences jouent dans ce sens. En effet, au dernier printemps, je venais d’entrer dans ma grotte, d’entamer (paraît-il) une nouvelle vie. Pour être nouvelle, elle était nouvelle, c’est peu de le dire ! Encore aujourd’hui… mais sa nouveauté a déjà un an, sans compter les mois de gestation (en gros trois mois). Mais il n’y a pas eu de mue, j’ai gardé ma vieille peau. Remarquez, c’est la mienne, je n’ai pas envie de m’en défaire. Bon voilà. Le printemps arrive. La sève, la fameuse sève tapie sous la couette hivernale va jaillir, se répandre, faire fleurir, faire éclater les couleurs, habiller de feuilles les arbres, épanouir les champs et les prés (dans les grandes cités elle doit être un peu comprimée peut-être…), appeler les corps au plaisir des jours (et des nuits…). Et bien tant mieux. Pour moi, il semble qu’elle se détourne dès qu’elle passe devant ma porte. C’est ainsi. Mais ne tenez pas compte de ce que je dis, vivez !
La chanson d’Hugues Aufray me rend nostalgique. Écoutez la bien, j’aurais dû mieux porter attention à ses paroles et en tenir compte. J’aurais l’air moins con aujourd’hui !
10:57 Publié dans Au fil des jours, Les voies de solitude | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note
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01 mars 2008
1er Mars
Il y a deux ans, jour pour jour, j’ai mis le billet “ Histoire d’un passant”, histoire vraie, comme toutes celles incluses dans la catégorie “Histoires sans histoire”. Il y a un an, je prenais possession de ma grotte, enfin je veux dire je m’y installais définitivement. Je m’y sens toujours aussi bien, évidemment, malgré certains manques et certaines absences… mais j’y déploie quelques activités à nouveau, celles là mêmes que j’avais laissé dormir pendant plusieurs années, comme la peinture, le dessin, la musique et l’écriture. Non pas l’écriture sur écran, mais celle où la plume crisse délicatement et délicieusement sur le papier. Sauf lors de ratures nerveuses, de phrases incertaines et de colères épidermiques ! ! L’écriture est comme une respiration, souvent régulière, puis hachée, à la suite d’une ire impulsive face à l’évènement, ou essoufflée après un moment d’intense inspiration (dont parfois il ne reste plus rien après relecture et correction !). Une vie transformée et toujours solitaire, mais sans larmes. Elles ont bien séchées, mais le cœur aussi. C’est un effet secondaire, dirait-on aujourd’hui.
Ce texte est une nouvelle tentative, pour “tester” le fonctionnement si aléatoire il y a quelques jours encore de la plateforme de notre hébergeur. Mais il n’est pas, pour moi en tout cas, insignifiant…
09:07 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
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22 février 2008
Ma journée du 21...
« Coucou ! Si t’es tout seul passe boire un verre demain soir ici » Comme ça, brut de brut… On se connaît juste un peu, via les blogs, un ou deux mini échanges via « éméssène » et puis voilà. C’était le vingt février. Je réponds pourquoi pas. Échange adresse et téléphone, c’est pas loin, ça je le savais. A la fin de la conversation je demande « à quelle heure ? ». Plus personne. Bon. Bonne soirée et bonne nuit on verra demain pas de souci, me pensai-je. Demain arrive. C’était hier. Petit matin. Il faut aller faire quelques courses, acheter une schtroumpfette bouteille de gaz… Titine (bleue schtroumpf) ne veut pas démarrer ! Tu comprends, c’est trop humide, tu me laisses dehors dans le brouillard, j’éternue, j’ai froid, alors non ! Débrouille-toi ! Seul au milieu de mon village, abandonné, sans ressources, la terre se dérobe sous mes pieds… (J’en fais peut-être un peu trop, là !) J’appelle ma fille. Non pas la mienne, je n’ai pas de fille, celle du cœur. Elle arrive bride abattue avec sa voiture rouge. On boit un café. Elle m’emmène faire les courses. Ça me fait tout drôle. Je me laisse conduire. Il y a peu, c’était moi qui la conduisais. Maintenant elle a son permis… Revenons à nos euh… qu’est-ce que je disais ?
Oui alors, pas de voiture. En plus je devais aller chez le coiffeur. Il est en vacances ! Il me fallait en trouver un autre, mais sans voiture hein ? Donc pas de coiffeur. Démerde-toi avec tes cheveux dans les yeux ! Appel garage, démarrage voiture, emmenée au garage pour soins intensifs, après-midi gâché perdu. Et puis, je voulais trouver un petit présent pour le soir, mais dans un garage ! ! ?? Enfin, la voiture dit oui. Vite à l’essence. Retour à la grotte, écran pour contact (parce que je ne sais toujours pas à quelle heure ! ) Tellement perturbé que je n’ai pas pensé à téléphoner… pourquoi faire simple… etc. Message quasi immédiat (il est 19 heures 03) “et ben on t’attend t’es où ?”, réponse embarrassée, “ … je voulais savoir quelle heure…”, je bafouille. “Maintenant, lol, si t’as pas mangé, je suis en train de préparer… à la bonne franquette !” Suis quand même très ému, on se connaît si peu !
Et me voilà parti. Il fait nuit. Quinze kilomètres, j’arrive au village. C’est un beau village au fond de la campagne. Mais non je ne le vois pas, il fait nuit ! Mais je le connais quand même, je suis un chemineau, moi, je vais souvent par les chemins ! (Je digresse là !) En plus il est plus calme que le mien. Il faut trouver la rue. Je trouve la rue. Il faut trouver la maison, je trouve la maison, je ne pouvais pas la manquer, on me faisait des signes depuis la porte d’entrée et une petite guirlande de schtroumpflumière clignotait sur le perron !
Bonjour, bisous, on se présente avec l’impression de se connaître déjà (enfin en ce qui me concerne), pas de façons, naturel et simplicité tout de suite ! Étonnant, je suis très touché. Travaux en cours dans la maison, décollage de papier, on me montre le nouveau papier, preuve de bon goût. Entrée dans la salle à manger… surprise, la table est dressée, des ballons sculptés en formes d’animaux à quatre pattes partout sur la table et d’autres suspendus au lustre, même des de couleur schtroumpf ! “Bon anniversaire !” Voilà, en toute simplicité, trop émouvant. Puis repas, apéro pétillant, entrées, etc ... etc. Toujours vin pétillant. Dessert, deux gâteaux ! et… vin pétillant. On appelle ça un repas à la bonne franquette, dites-moi ! Et pendant ce repas décontracté, on se raconte nos histoires. Amusantes, moins amusantes, le net, les amis du net, l’informatique, les marchés de Noel, les magasins en frontière, la vie aussi, la SPA, le boulot et les animaux, car ici, c’est l’amour des animaux, tellement que s’en est impressionnant et touchant. D’ailleurs la maison en est pleine, c’est très vivant.
Arrive le moment où il faut s’éclipser (oh ben oui s'est facile, l'éclipse... c'est malin ! je l'ai pas vue d'ailleurs), le temps a passé si vite. Et je suis reparti avec tous les animaux ballons ! Journée trépidante s’il en est, mais pour une soirée aussi amicale et surtout, je le répète, si simple que je ne dirai jamais assez merci. Mais à charge de revanche !
11:45 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
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05 février 2008
Juliette
C’est en parcourant le tag « Vive la vie » de l’hébergeur Haut et Fort, que j’ai découvert ce blog: "OMBRES CONTRE VENTS". Et j’y ai lu le poème qui suit.
Juliette a écrit ce poème en 2003. Difficile de commenter, ensuite. Elle l’a composé dans l’espérance d’une greffe dont elle ne peut bénéficier, en fait. Mais elle l’a dédié à une personne qui, elle, a pu en bénéficier. On ne saurait trouver plus de grandeur d’âme. Le poème est écrit pour le 14 février… il s’agit bien là d’amour, mais quel amour !
J’avais déjà relayé un blog qui n’existe plus aujourd’hui et qui évoquait avec beaucoup de tendresse la maladie de celui que j’appelle “ petit bonhomme”, le don d’organe y tenait une grande place aussi.
Je vous engage à lire aussi le témoignage de Juliette, en cliquant ici.
Le 14 février approche, il existe d’autres façons d’aimer… ! Je ne puis en dire plus, tant l’émotion est grande.
A la vie, à la mort !
(Pour dire oui au don d’organes) dédié à Agnès, greffée le 26 novembre 2007.
Toi mon cœur
je te perdrais un matin
si tes galops vont trop loin
Toi, mon cœur
ta cage va se briser
vers le bleu tu vas voler
Toi, mon cœur
je t’entends loin dans mes nuits
j’ai parfois peur de ton bruit
Toi, mon cœur
danse avec le pas des morts
au pays du temps qui dort ;
Lui, cet homme
son temps s’arrêta soudain
dans un accident de train
Lui, cet homme
son cœur qu’on m’a transplanté
continue de voyager
Lui, cet homme
m’a ouvert son infini
sa mort m’a donné la vie
Lui, cet homme
avec moi il marche encore
peut-être aime-t-il encore
Juliette Clochelune
(Poème écrit pour le 14 février 2003, comme un vœu vers la greffe que j’espérais encore possible. Mais ce vœu s’est réalisé pour une amie, à qui je le dédie.
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01 février 2008
Après la neige, la pluie
Le chat noir est passé hier à midi, malgré la neige. Mais il a vu la fenêtre fermée, il est reparti. Il y avait un peu de blanc sur les herbes et sur les arbres, sous un ciel presque blanc lui aussi. Aujourd’hui il pleut et ce fameux ciel vire au gris sombre. Comment donc voir la vie en couleur ? Pénombre dans ma grotte. Pour ajouter à ma grande joie du moment, des problèmes d’évacuation d’eau m’empêchent de me servir du lavabo, de l’évier, de la douche et du… reste ! Imaginez l’état dans lequel je me trouve ! Si un certain propriétaire des lieux ne s’annonce pas très vite, je vais devenir hirsute, le visage mangé par la barbe, famélique parce que ne pouvant plus me nourrir (puisque pas de possibilité de vaisselle…), victime d’occlusion intestinale et obligé de me déplacer ici avec un masque à gaz. Et l’on dit que vieillir dans une belle retraite calme est un don du ciel ! Mieux même, un PRIVILEGE ! Je me demande quels idiots ont inventé cette formule ? Et ajoutez à tout cela un cœur qui brinqueballe… Ambiance. Je vais donc m’arranger avec les voisins ! Demander à la voisine du dessus de me prêter sa douche, au voisin du dessus ses toilettes et au voisin d’à côté de faire ma vaisselle et ma lessive chez lui. Solidarité, oui, mais ils ne sont jamais là ! ! ! Ah si je pouvais rêver, je rêverais de ciel bleu, de soleil, d’embruns, de fleurs qui sentent toutes la rose, de jolies femmes fières et préoccupées d’elles mêmes, de palmiers, de sable chaud, de longues marches, d’un palais sylvestre, de mille et une nuits, de musique, du temps arrêté, d’une vie nue et épanouie… de revenir aux pavés sous la plage, à l’interdiction d’interdire (quarante ans déjà !)… Ho !ho !ho ! je rêve pour de bon là ! Stop… Aujourd’hui, réalisme, efficacité, plan de carrière jusqu’à la mort, ou Rien ! De la poésie pour une évacuation d’eau qui ne fonctionne pas, ça va pas la tête, non ? Voilà où ça mène, d’être un rêveur. Ça tue. Et tout ça parce qu’un tuyau est bouché quelque part et que je ne sais même pas planter un clou !
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13 janvier 2008
Interrogation
Les derniers jours de l’an passé, je les avais parsemés de panneaux bleus, les plantant là, inconsciemment, comme des balises, des signalisations routières. Prenez à gauche, interdiction de stationner, priorité à… De quoi je me mêle ! Peut-être cachaient-ils aussi une vague attente de reconnaissance, un souffle d’espoir, un appel camouflé… Faut pas rêver ! Petit énergumène recroquevillé sur lui-même, sans s’apercevoir qu’il éteignait tout, autour de lui. Alors qu’il aurait du incendier d’amour ce monde si étrange, formidable, prédateur et beau tout à la fois. Petit énergumène rassemblé sur lui-même en forme de bilan aux conclusions tellement inutiles et fumeuses, en forme de justification… Tricheries !
Il n’y a pas de derniers jours ni de prochains jours, perception à quoi on a donné force de loi, pour qu’on y accroche souvenirs et rêves, façon habile de ne plus penser à la respiration vivace et vivifiante de l’instant. Le petit énergumène est éphémère, comme les roses dit-on. Mais les avez vous vues irradier leur beauté après leur éclosion ? Seul cet éclat existe ! La vérité de l’instant.
Alors je me demande… à quoi bon les souvenirs, les espoirs, les désespoirs, les rêves ? Ils ne fabriquent rien, puisqu’ils ne sont pas d’aujourd’hui, de cet instant. Ce ne sont que des mirages, des archives, des domaines réservés où personne n’a le droit d’entrer.
Le petit énergumène écrit des mots mais il se demande s’il ne devra pas bientôt les effacer pour plutôt les vivre que les penser…
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