08 juin 2008

Du cri au Silence

Venir en offrant son premier cri et repartir en  silence. Entre temps, aller par les chemins, se désaltérer aux sources, choisir sa route aux carrefours. Grimper, escalader, s’arrêter, fatigué, parfois heureux. Reprendre son errance. Les ciels changent, indifférents et magnifiques. Mais toujours, toujours, comme Sisyphe, pousser son rocher vers le haut, lourd fardeau que le vide reprend après chaque progrès. Et recommencer encore. Lutte fatigante et inutile. Jusqu’à la fin. Avec l’impression de n’avoir rien édifié, rien compris. Même le cœur mal étreint arrête son effort. Les lendemains, depuis le premier jour, demeurent incertains et, soudain, le présent s’efface à jamais. Ni les couchers de soleil embrasés de couleurs  irréelles, ni les amours fragiles, fleurs de mensonge, n’y changent rien. Bientôt, il n’y aura plus de soir, plus de matin.

 

24 avril 2008

Plumes oubliées

Un rien un silence une musique étrange du vent le bruissement léger du ruisseau perdu sous celui des roseaux un jour une heure sans regard sous le ciel gorgé de soleil Une fulgurance un pincement au cœur un écartèlement des sentiments un envol d’oiseaux une plume oubliée un ensorcèlement

Tout roule

Tout coule

La foule

Désordonnée pressée stressée bâcle court se croise se serre s’écarte s’en va s’évapore revient s’agglutine

La houle tourne retourne sous le souffle des courants aériens des gifles d’air les arbres verts les prés enluminés de fleurs dorées le chemin champêtre court au milieu des  moissons papillons polissons égayés dans les fourrés les fleurs bigarrées senteurs effluves

Tableau inachevé toile rétive embruns odeurs marines bateaux au lointain dans le port le vent balaie les quais

Muse endormie respiration trop tranquille regard intérieur fermé sur lui-même escarre de l’âme trop longtemps allongée dans un lit incertain et inutile

Vieille pierre moussue sous le regard de l’ange sculpté dans un granit gris ailes étranges et grises sur le tombeau d’un soldat oublié dans les bois de Meuse statue de bronze noire sur un socle blanc du peintre pétrifié dans un geste définitif à ses pieds une plume oubliée

Retour à la source qui chante un prochain été sans mémoire sur les forêts de silence les arbres s’embrassent et se repoussent au gré des vents sur la sente l’humus s’épaissit quelques feuilles déjà brûlées le temps avance et ramasse les ans les brasse les accumule les empile les éteint

Murmure et rivière champs semés macadam et tours de Babel les mondes mêlés  indifférents étrangers aux autres Des fleuves chargés de vies et d’idées et sur les berges quelques plumes oubliées.

19 janvier 2008

Nuages

 

Sombres nuages

Allongés sous le ciel

Fermés sur la terre

Plombs sur le cœur

Insensé

Qui croit encore

Mais ne sait plus

Rêver à rien

Les nuages passent

Comme le temps

 

 

 

Dans les Mots et les Chants - Janvier 2008

 

24 décembre 2007

Pause

Il est sept heures. Pas de vent. Froid, gel. Pas de brume. Éclairage publique orange. Pas de chat. Pas de gens. Seulement la cloche de l’église. Café. Café encore. Cigarette. Couleurs sur la toile, mais geste encore indécis. Orange. Ton orange. Vermillon, jaune. Erreurs blanches, terreur des formes. Rondeurs, nuances. Ensemble désert, chaud, ocre, un peu jaune, comme on rit. Dehors bleu nuit. Toile vibrante d’un peu de sang, d’un peu de brun cuit, d’un peu de vert mélangé, très peu, juste une pointe et le pinceau qui glisse timidement. Retrouver le geste vif. Froid. Œil bleu acier, cœur chaud de l’image. Pause.

20 décembre 2007

Une rose une vie

 Don't Think Twice, It's Alright- Bob Dylan 

Envoyé par Alexthebarbarian

__________________________________________________________

 

Enfin déjà l’année va finir Quelques jours encore Et il n’y paraîtra plus

Voilà où mène ce long silence Vers l’inconnu Des cœurs chiffonnés

Il restera d’autres horizons A franchir Je prendrai mon bâton de marche Décidé à ne plus offrir prise Aux pleurs inutiles

Je partirai là-bas Ou resterai ici Cela ne regarde que moi

Je connais d’ailleurs Le pays glacé D’où l’on a prétendu me tirer Et où l’on a voulu Me renvoyer Sans vergogne

Ce pays est le mien Et je finis par le chérir

Des mots ou plutôt des silences N’ont pas permis d’aimer J’aurais du le savoir Avant eux  déjà Le sentiment d’amour S’était  révélé inutile Et menteur

Pourquoi a-t-on encore Ouvert la porte A ce même mensonge Je n’en avais pas besoin

J’ai retrouvé mon ancienne route Celle où il n’y avait personne

Et si j’y ai cueilli une rose unique Elle n’était que pour elle Et je m’y suis blessé Je la rends

J’offre à mon tour ce dernier silence Qui ne parlera plus jamais De nous

Pour moi aussi désormais La porte est fermée

Et ce sera sans doute là Un grand bonheur Pour la rose perdue

Qu’importe le mien

Dans Les Mots  et Les Chants –Décembre 2007

18 novembre 2007

Abstractions...

83613f43ff513f631d67cd5492596492.jpg

La rue frissonne

Le cœur abandonne

Où fuit l’avenir

 

Nuage sans soleil

Un chat gris miaule

Froid dans l’âme

 

Fin de l’automne

Cuivres résonnent

Chasseurs à fuir

 

La nuit sans sommeil

Nu de ton épaule

Chaleur de  drame

 

La botte éperonne

La bête s’étonne

Tout va finir

 

Dans Les Mots et Les Chants - Novembre 2007

20 octobre 2007

Amusement ?

Wagnérienne colère

Effacée par le froid

Ensablement jachère

Kermesse d’effroi

 

Essor mensonge

Narquoise misère

Dans mes songes

 

19 octobre 2007

Tristesse...

e3748bc35bac24247c29ab3f8ef4964e.jpg

La tristesse s’est posée au bord du chemin

Fatiguée solitaire

Les herbes folles la caressent un instant

Mais elle reste prostrée

Le souvenir des corps enivrés

Est repoussé par le vent de l’absence

Et de l’indifférence

La tristesse s’est blessée aux cailloux du chemin

Harassée chahutée

Les oiseaux même se taisent

Car elle n’entend plus leur chant

Son regard s’éteint sur des souvenirs

Lointains et inutiles

Elle va peut-être dormir ce soir

Mais demain c’est novembre

Qui va se lever

Et elle devra marcher cheminer encore

Vers un ciel sans étoile

Combien de temps

Combien de pas accomplis l’un après l’autre

Vers quoi

Pourquoi

Laissez la se reposer

Offrez-lui un silence d’éternité

Pour qu’enfin elle s’endorme

Dans Les Mots et Les Chants - Octobre 2007

06 octobre 2007

Senteurs du matin

Senteurs du matin
Aurores rouges et bleues
Viens la vie !
Sur la fleur la rosée
Sur ton cœur le sourire
Du jour qui t ‘attend
Viens la vie !
Verbiage en dièse majeur
Des oiseaux farceurs
Fureteurs espiègles
Viens la vie !
Gomme le mirage
Qui trompe l’œil
La nuit sans lune
Prends la vie !
La moelle de tes os
Te vibre le corps
Cantique fervent
Qui bouscule ton sang
Prends la vie !
Prière sourde et triste
Perdue dans les dunes
Crie plus fort
Appelle la vie !
Viens la vie !
Prends la vie !

Dans Les Mots et Les Chants - Octobre 2007

19 septembre 2007

Écoutez le vent

Écoutez le vent

Il chuchote dans les branches

Venez avec moi

Au-delà des silences

Je vous ferez caresses

Pour les corps défendus

 

Non je ne veux pas

J’ai trop les pieds sur terre

Mon cœur ne vole pas

Et j’ai l’âme trop fière

Pour me perdre à rêver

 

Écoutez le vent

Il gambade sur la lande

Courez avec moi

Rattraper l’horizon

Je vous ferez bourrasque

Pour traquer l’Inconnu

 

Je n’ai pas le temps

Mes lunettes suffisent

A voir la route droite

Je sais où je vais

Mon chemin est tracé

 

Écoutez le vent

Il danse dans le désert

Tourbillonnez avec moi

Sur les dunes de sable

Et dessinons des fleurs

Où elles ne poussent plus

 

Les instants sont comptés

J’ai ma pelouse fleurie

Ma maison est remplie

Et je m’y repose

Pas besoin de balade

 

Le vent s’est lassé

Il va souffler ailleurs

Et votre cœur est sec

Dans les Mots et les Chants - Novembre 2006

Toutes les notes