02 octobre 2009

Je n'ai pas lu Kafka

 

Je n’ai pas lu Kafka. Non. Il me manque donc un morceau de culture, comme ils disent. Pour moi, “Le Procès” et “Le Château” demeurent mystérieux et je ne sais pas encore quel labyrinthe emprunter pour aller lever leur mystère. Donc je n’ai pas lu Kafka, mais je me soigne. Non pas avec les textes d’André Glucksmann, ni de Pascal Bruckner, ni d’Alain Finkielkraut, pas plus que de Bernard Henri Levy car, pour en avoir lu quelques uns, je me suis trouvé dans un état second d’où l’on a dû tenter de m’extraire avec précaution, tant j’avais été secoué par leur inconsistance, leur esprit méprisant et leur suffisance, ce qui fait beaucoup à avaler à la fois. Non. Remarquez bien que j’ai lu aussi Christine Angot et que je me suis empressé, ensuite, de faire comme si je ne l’avais pas lue. A tout prendre, je préfère sa fille, enfin “La fille de Madame Angot”, Clairette, héroïne de l’opéra comique de Charles Lecocq. Je sais, c’est un peu facile, mais s’est simplement vrai. Non, tout cela pour dire que la rentrée littéraire n’a pas fait beaucoup de bruit dans le landerneau. Sans doute parce qu’aucun Kafka n’en faisait parti, mais sait-on jamais.

Romans, essais, biographies, que préférez-vous ? Pour ma part je me réfugie dans les « relectures », et de façon tellement désordonnée que j’en ressens grande honte et… grand plaisir à la fois.

Imaginez, Aragon romancier (la Semaine Sainte), Eugène Sue (Les Mystères du Peuple), Stefan Zweig (Le Voyage dans le passé), JMG Le Clezio (Désert), Montaigne (Essais - mais oui !), Paul Claudel (L’Annonce faite à Marie), Georges Duhamel (La Chronique des Pasquier, il y en a pour un moment…), Patrick Rambaud (Deuxième chronique du règne de Nicolas 1er…), une étude sur la Mythologie (grecque et romaine), Friedrich Engels (Anti-Dühring),  une étude sur Socrate .

Hétéroclite, direz-vous. En effet, et je n’avais jamais pratiqué de cette façon. Je picore ici et là dans cette série, selon mon envie du moment. Je trouve cela fabuleux de déraison, plein de surprises nouvelles aussi. Pour Kafka on verra plus tard. Pour l’instant il y a de quoi faire. Et ma table de nuit est suffisamment encombrée ! ! Quant à savoir si je tiendrai le coup longtemps à ce rythme ou si je reviendrai à une pratique plus sage, je n’en ai aucune idée pour le moment. Et j’ai d’autres livres à relire ! J’aime bien m’amuser un peu… Est-ce bien raisonnable ?

Bientôt arrivera la saison des prix dits littéraires et les grandes manœuvres des « grandes » maisons d’édition ont déjà commencé. Peut-être que, finalement, je vais lire Kafka cet automne.

 

23 septembre 2009

Le silence et les mots

Après plus de deux mois de silence – et non d’absence (sauf quelques quinze jours en « ermitage » et à la campagne au mois d’Août) – il est difficile de tenter à nouveau quelques mots sur quelque sujet que ce soit, sans se sentir un peu démuni, nu, dépouillé de mots justement. Ne fallait-il pas se taire ? Pourquoi ne plus écrire ? Ces questions se posent sans cesse et reviennent souvent (la mode exigerait que je les qualifie de « récurrentes », mais je ne le ferai pas, parce que ce mot n’exprime en rien ma véritable pensée, d’une part, et que je ne suis jamais les modes, d’autre part.), mais ne trouvent jamais de réponses. Manque de sujet, d’inspiration, de courage, d’envie, d’énergie ? Conjonction de tout à la fois aussi. Impossible de répondre, parce que, sans doute, je regardais ailleurs… Voilà qui rend un « retour » difficile !  Mais non, les sujets ne manquent pas, y compris à propos des mots. Je n’ai pas oublié le Vide grenier des mots que j’ai un peu délaissé, ni les notes de lecture (et non les critiques), mais la fin d’Été et le début de l’Automne ont amené leur lot habituel de parutions littéraires et, semble-t-il, les rubriques concernées  de nos journaux en ont fait moindre cas que les autres années,  ce qui n’est pas un mal, étant donné qu’à chaque fois la polémique s’installe sur la valeur réelle ou supposée des six cents (et même un peu plus) ouvrages "nouveaux"  et que les mécaniques d’ascenseurs et de leur renvoi sont huilées pour un usage intensif de quelques jours. Mais le marronnier reviendra lors de la période des prix dits littéraires !

clos.jpgPour l’heure, je me suis laissé amuser par François de Closets et son opus « Zéro faute »(éditions  Mille et une Nuits), non pas que j’ai lu cette œuvre sans doute appelée à devenir inoubliable, et je ne la lirai pas, mais les prestations télévisées de l’auteur m’ont définitivement confirmé dans ma décision. Monsieur je sais tout fait une poussée  d’urticaire parce que, étant jeune, il a eu des difficultés en orthographe et qu’à cause de cela, il a failli n’être qu’un employé, rendez vous compte ! Voilà qui justifie mon indifférence pour cette crise d’adoles… de sénil… nerfs du grand monsieur condescendant je sais tout.

Orsenna.jpg Par contre, je vais sûrement lire le livre de quelqu’un qui sait écrire, lui, et avec humour, je veux parler d’Érik Orsenna et de « La révolte des accents », paru en 2007 chez Stock. Nous en reparlerons peut-être bientôt.